Entreprises et numérique responsable Comment sortir du greenwashing ?

Entreprises et numérique responsable Comment sortir du greenwashing ?

À l'heure où le numérique représente 4,4 % de l'empreinte carbone française, les allégations environnementales floues se multiplient. Tour d'horizon des pièges à éviter et des bonnes pratiques pour une communication réellement responsable.

Qu'est-ce qu'une allégation environnementale trompeuse ?

Une allégation environnementale est tout message, image ou symbole affirmant qu'un produit ou une entreprise a un impact positif ou nul sur l'environnement, ou qu'elle s'améliore sur le plan écologique.

Mais selon le ministère de la transition écologique, pour être recevable, une telle allégation doit être claire, proportionnée, dénuée d'ambiguïté et fondée sur des preuves scientifiques. Elle doit également porter sur les impacts significatifs du produit sur l'ensemble de son cycle de vie et ne pas masquer d'autres impacts négatifs, au risque de constituer un simple transfert de pollution.

« Ce n'est pas parce qu'un emballage est vert ou montre des images de la nature que le produit qu'il contient est plus respectueux de l'environnement. » - Ambroise Pascal, délégué à la transition écologique, DGCCRF

La Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) a mené en 2023-2024 une enquête auprès de plus de 3 100 entreprises. Les résultats sont éclairants sur la nature des dérives les plus courantes.

Certains manquements sont fréquemment observés, notamment l’utilisation abusive de labels écologiques ou le maintien de mentions interdites telles que « bon pour l’environnement » ou « vert ». S’y ajoutent l’emploi de termes trop vagues, dépourvus de critères mesurables, ainsi que la mise en avant de projets futurs sans actions concrètes réellement engagées. D’autres pratiques consistent à étendre à l’ensemble d’une offre une certification ne concernant qu’une partie des produits, à valoriser une caractéristique limitée à une seule étape du cycle de vie (comme l’usage de matière recyclée ou une réduction de consommation d’eau) en la présentant comme un bénéfice global, ou encore à recourir à des labels autoproclamés sans cahier des charges clair ni vérification par un organisme tiers indépendant. 

Pour les entreprises du numérique responsable en particulier, ces risques sont bien réels : alléguer qu'un logiciel est « neutre en carbone » sans en démontrer la méthode de calcul, ou mettre en avant l'éco-conception d'un seul service tout en omettant l'impact des serveurs qui l'hébergent, constitue une communication déséquilibrée susceptible d'être qualifiée de greenwashing.

La loi française est claire : une pratique commerciale trompeuse est sanctionnable dès lors qu'elle repose sur des allégations fausses ou de nature à induire en erreur sur les caractéristiques essentielles d'un produit. 

Comment communiquer de façon vraiment responsable ?

Sortir du greenwashing ne signifie pas renoncer à valoriser ses efforts, cela signifie le faire honnêtement. Voici les principes d'une communication environnementale crédible.

  • Documenter chaque affirmation : toute allégation doit s'appuyer sur des données mesurables et des méthodes reconnues (bilan carbone, ACV, etc.)

  • Couvrir l'ensemble du cycle de vie du produit ou service, pas seulement les étapes flatteuses

  • Éviter les termes génériques non définis — « vert », « durable », « neutre » — sans les étayer par des preuves précises

  • Distinguer les actions concrètes déjà menées des engagements futurs, en étant transparent sur le calendrier et les indicateurs de suivi

  • Recourir uniquement à des labels reconnus et analysés, tels que le label EquuRES Produit Responsable

Vous souhaitez communiquer de manière vraiment responsable en évitant le greenwahsing ? Faites votre autodiagnostic et valorisez des actions concrètes et vérifiables :